profile

Je suis Marie d'Anjou

La radicalisation, une porte de sortie?

publishedabout 1 month ago
3 min read

Bonjour Reader,

Tu le sens surement toi aussi, des gros bouleversements sociaux s'en viennent. Les opinions se polarisent. Et plus on tend d'un côté, plus l'autre tire sa couverture de son bord. Je peux pas m'empêcher de sentir que ça va bientôt exploser.

Lors de mes recherches pour mon roman «Dissidents», je lis beaucoup d'informations sur les luttes nonviolentes et d'autres études de mouvements de population. Imagine-toi donc que j'ai trouvé une fine ligne d'espoir.

La polarisation, ou radicalisation, est toujours une prémisse aux changements sociaux. Elle est même nécessaire.

Dans le livre How We Win: A Guide to Nonviolent Direct Action Campaining (Lakey), il y a une analyse fascinante sur l'apparition de la radicalisation. Laisse-moi t'en traduire des extraits.

La polarisation politique suit la courbe d'inéquité économique. [...] Nos politiques ont commencé à se polariser au même moment que les inéquités salariales ont commencé à croitre.
-- étude de MacCarthy, Poole et Rosenthal, 2006

Déjà, ce détail est majeur. On cherche beaucoup dans les débats actuels à convaincre l'autre sur les valeurs fondées de telle ou telle opinion. Le coeur du problème n'est pas tant une différence de valeur culturelle, mais bien une valeur économique. On parle du 1% qui détient 50% des richesses mondiales. Ça met sur le gros nerf pas mal le reste du monde, soit 99%.

Le genre de radicalisation que l'on vit actuellement est récurrent. Le meilleur exemple demeure la seconde guerre mondiale. On sait tous comment le parti nazi a fait ses ravages. Étonnament, on parle moins de la transformation qui a eu lieu, pendant exactement la même période, en Norvège et en Suède. Pourquoi? Elle est tout autant sinon plus formatrice!

En Suède et en Norvège, des mouvements démocratiques et socialistes ont poussé les élites économiques en bas de leur piédestal et ont inventé le modèle nordique d'économie égalitaire. En disant au revoir aux vieux jours de classes sociales pauvres, les Suédois et les Norvégiens ont donné naissance à des niveaux d'égalité inégalés, de liberté individuelle et d'abondance partagée.

Je crois qu'il est important d'apprendre l'action des nazis, pour comprendre les dérives, mais encore plus importants d'enseigner des développements opposés et réussis, ne serait-ce que pour avoir un modèle positif sur lequel bâtir.

Ces quatre pays [Allemagne, Italie, Norvège et Suède] ont tous vécu une polarisation extrême dans les années 1920 et 1930. Deux sont tombés dans le désastre et deux se sont sortis de la pauvreté et de l'oppression pour atteindre le plus haut niveau de réussite nationnale progressiste. [L]a polarisation peut garantir un gros conflit politique, mais elle ne détermine pas si le dénouement sera une dictature ou une démocratie.

Un autre spécialiste (dont j'ai perdu le nom) des luttes nonviolentes avait déjà mentionné que l'enseignement d'alternatives plus efficaces étaient un manque flagrant dans notre éducation. On parle de violence, de guerre, de révoltes sanglantes, on les décortique, on les déssèque et on finit par ne voir que ça et jamais son contraire. Jamais, surtout, comment faire autrement et plus humainement.

Mais comment fonctionne la polarisation pour les mouvement sociaux?

La polarisation est pour les progressifs l'équivalent de la chaleur que les forgerons et les artistes ont besoin pour rendre le métal froid et solide assez flexible afin de changer sa forme. La chaleur crée de la volatilité, dans le métal comme dans la société. Elle brise les schémas cristalisés. Elle rend possible quelque chose de nouveau pour remplacer les rigides structures oppressives qui s'expriment à travers la violence sexiste et raciste, la pauvreté endémique à côté d'une richesse extrême, la destruction environnementale, la corruption politique et le militarisme.

Depuis quelques années, je commençais à avoir peur de cette radicalisation. J'ai encore peur, mais je sais qu'il y a deux portes de sortie possibles. Tout l'art est d'arriver à faire comme la Norvège et la Suède. Alors, tout n'est pas perdu.

Sur cette note optimiste, je te laisse à ta journée. :)

Marie, auteure de fantasy de mœurs.

Pour me payer un thé et me faire écrire plus, c'est ici!